Eglise St Hilaire

Située sur la place du marché, elle impressionne par sa flèche de 35 mètres de hauteur

Le chœur et le transept de l’église St Hilaire ont été inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 1935.

De magnifiques vitraux du XIXe siècle et douze verrières en dalle de verre illuminent de leurs couleurs le chœur et la nef centrale.

La paroisse de Rouillé tire son origine d’une dépendance octroyée par Clotaire Ier (560) à l’abbaye St Hilaire de Poitiers. Les moines y possédaient une église dont nous n’avons pas de trace.

On mentionne des curés à Rouillé dès 1080, nommés par les chanoines pour pratiquer le culte. Mis à part quelques éléments du XIe siècle (pierres réemployées dans les bases des murs du transept et du chœur), les parties anciennes de l’église actuelle, datées du XIIe siècle se trouvent dans les bras du transept. Celui-ci est orienté d’est en ouest conformément à la règle liturgique. Le chœur et la nef sont des extensions probablement imposées par des contraintes d’implantation, et de ce fait mal orientées (nord-sud).

L’histoire de l’église est marquée par des pillages lors des guerres de religion (1564). Le canon a été le théâtre de combats violents (bataille entre les troupes catholiques du vicomte de Martigues et les troupes protestantes du prince de Condé).

En janvier 1757, un incendie ravagea le bâtiment : les réparations furent imposées aux habitants par ordonnance de Louis XV, à proportion des impôts payés par chacun.

Ce n’est qu’en 1813 que l’église fut rendue au culte. Pendant toute la période révolutionnaire elle fut le lieu des réunions et débats publics.

Mais c’est le XIXe siècle qui va donner à cette église sa forme actuelle. En 1856, la nef est remaniée. Les murs sont exhaussés, le plafond de bois est remplacé par une voûte en berceau de style roman faite de briques!, En 1875, c’est le vieux clocher de la croisée du transept qui est démoli pour être remplacé par le clocher porche actuel de 37 m de haut. Sa construction connut des aléas divers (faillite de l’entrepreneur, guerre) entraînant des retards d’achèvement (1878). En 1882, la veille de l’Assomption, deux cloches s’en décrochèrent et se fracassèrent sur le sol. Elles furent cependant vit replacées. En 1878, ce sont les voûtes du chœur qui furent modifiées en style gothique, avant que des changements identiques ne touchent les deux bras du transept (1881). A la chapelle du bras occidental du transept fut donnée une forme carrée en place de sa forme initiale d’absidiole arrondie. Elle accueille aujourd’hui baptistère. En 1889, on y adossa la sacristie.

Le 17 avril 1935, le chœur et le transept de l’église St Hilaire ont été inscrits à l’inventaire des monuments historiques.

Les vitraux du chœur datent de 1863 et sont signés des ateliers GUERITHAULT Frères, verriers à Poitiers. Ceux du transept et de la nef datent de 1966/1971 et son signés VAN GUY, verrier à Tours.

Dans les angles de la chapelle de la Vierge vous pourrez observer des retombées de colonnes appelées culs de lampe. Chaque figure présente une expression différente : colère, réserve, indifférence, ..

A la croisée d’ogive du transept, la clé de voûte romane figure l’agneau Pascal : il symbolise le Christ offert en sacrifice pour racheter l’humanité.

A l’extérieur, le portail ouest mérite attention. Il présente une ornementation romane (torsade, corniche soutenue par des modillons sculptés font les motifs sont cependant peu nets, ornementation dite en « pointes de diamant »). Il est possible qu’autrefois, cette entrée fut la porte principale de l’ancienne église (respectant ainsi l’orientation classique est-ouest) et que l’agrandissement du XIXe siècle, bloqué par la route de Saint-Sauvant, ait contraint à un changement de sens imposant l’ancien transept comme nouvelle nef.

Les modillons qui courent sous la corniche du chœur méritent attention. Ils sont très expressifs. On y retrouve les motifs romans classiques : monstres et chimères, personnages grimaçants, allégories dont l’interprétation reste ouverte.